En 2024, le volume des transactions immobilières a reculé de 22 % par rapport à l’année précédente, selon les chiffres des notaires. Certaines grandes villes affichent pourtant une stabilité inattendue des prix au mètre carré, malgré la baisse généralisée des ventes. Les taux d’intérêt, après une hausse continue, amorcent une légère décrue sans pour autant retrouver les niveaux d’avant-crise.
Les investisseurs institutionnels réduisent leur exposition au résidentiel, tandis que la demande locative demeure soutenue dans les zones tendues. Ce contraste alimente des projections divergentes pour l’année à venir, entre prévisions de correction et signaux de résistance locale.
Où en est réellement le marché immobilier à l’aube de 2025 ?
La photographie du marché immobilier français fin 2024 révèle des contrastes marqués. Le repli du volume de transactions n’a rien d’anodin :,22 % sur un an, tous types de biens confondus. Paris et les grandes métropoles voient leur activité ralentir nettement, tout particulièrement sur le logement ancien. Le secteur du logement neuf, lui, reste pris en étau entre des coûts de construction en hausse et des conditions de crédit resserrées, ce qui freine fortement les ventes.
Côté prix, pas de scénario uniforme. Dans plusieurs métropoles, la correction est tangible : à Lyon, Bordeaux ou Toulouse, les baisses dépassent régulièrement les 5 % sur un an. D’autres villes, à l’image de Marseille, Strasbourg ou le long de l’Atlantique, voient la demande absorber l’offre, ce qui freine la chute des prix logements. Dans les campagnes, l’effervescence post-pandémie s’essouffle, mais sans chute brutale des valeurs.
La tendance varie selon le type de bien : l’appartement ancien, longtemps chouchou des investisseurs, subit la plus forte baisse. La maison individuelle, notamment en périphérie urbaine, profite d’une demande solide, portée par l’attrait pour l’espace et l’exode des citadins. Pour les mois à venir, la trajectoire du marché dépendra surtout de la capacité des ménages à renforcer leur pouvoir d’achat et de la rapidité des vendeurs à ajuster leurs attentes.
| Segment | Évolution annuelle |
|---|---|
| Appartement ancien | -6 à -8 % |
| Maison individuelle | -2 à +1 % |
| Logement neuf | -8 à -12 % |
Partout, la crise immobilière laisse son empreinte, mais chaque territoire et chaque segment vit son propre scénario. L’incertitude sur les financements et la confiance des ménages tiennent le marché sous tension.
Quels facteurs influencent la trajectoire des prix cette année ?
La direction prise par les prix immobiliers en 2025 s’explique par un jeu d’équilibres mouvants. Premier acteur : le taux d’intérêt. Après les hausses de 2022-2023, les taux de crédit immobilier commencent à refluer à la faveur des baisses décidées par la Banque centrale européenne. Résultat : le crédit redevient accessible, mais timidement. La demande, elle, reste prudente, freinée par des perspectives économiques incertaines et un pouvoir d’achat qui peine à se redresser.
L’inflation vient compliquer la donne, rongeant la capacité d’emprunt et alourdissant la facture des nouvelles constructions. Les dispositifs publics évoluent également : changements sur le DPE, modification du prêt à taux zéro, recentrage des aides. Ces ajustements touchent particulièrement les primo-accédants. Les investisseurs, quant à eux, scrutent la rentabilité dans un contexte où obtenir un crédit reste sélectif.
Voici les principaux leviers qui pèsent sur le marché :
- Taux de crédit immobilier : amorcent une baisse, mais restent supérieurs à ceux constatés il y a cinq ou dix ans.
- Inflation : persistante, elle met les budgets des acheteurs sous pression.
- Dispositifs publics : réformés ou restreints, ils ciblent davantage certains profils d’acheteurs.
Dans ce contexte, la santé du marché immobilier français dépendra des arbitrages faits par les ménages, de la politique monétaire européenne et de la capacité des banques à accompagner la relance du crédit.
Chute, stabilité ou reprise : quelles tendances se dessinent pour 2025 ?
À l’aube de 2025, le marché immobilier français avance à petits pas, marqué par l’attente. Les prix immobiliers ont connu une correction dans la majorité des grandes villes en 2024 : Paris, Lyon, Bordeaux affichent des reculs entre 3 % et 7 %. Certaines métropoles, comme Toulouse, Marseille ou Strasbourg, tirent leur épingle du jeu grâce à une demande locale solide, limitant la baisse ou même enregistrant de légères hausses.
En dehors des grandes villes, la dynamique évolue. Dans les zones rurales et les villes moyennes, l’attrait s’est stabilisé, les ajustements de prix s’opèrent sans précipitation, mais les échanges restent peu nombreux. Le logement ancien doit intégrer de nouvelles contraintes énergétiques, ce qui accentue la négociation à la baisse. Le logement neuf, lui, pâtit toujours d’une offre réduite et de coûts élevés.
Sur le semestre à venir, la stagnation domine, avec des prix globalement stables, sauf dans les marchés les plus tendus où la baisse pourrait se poursuivre. L’Île-de-France reste le baromètre national : la reprise dépendra de la dynamique du crédit et des arbitrages familiaux.
Le volume de transactions s’affiche toujours sous la moyenne observée ces cinq dernières années : la demande solvable reste affaiblie par rapport à la période d’avant-crise. Les tendances pour la suite : pas de chute libre, mais une correction diffuse, régionale, qui modifie en profondeur la géographie de l’immobilier français.
Comment propriétaires et investisseurs peuvent-ils agir face à ces évolutions ?
En 2025, le marché ne tolère plus l’improvisation. Propriétaires et investisseurs font face à un environnement instable : taux de crédit en légère baisse mais dossiers scrutés à la loupe, pouvoir d’achat toujours limité, délais de vente qui s’allongent. Il s’agit d’ajuster ses choix.
Pour ceux qui détiennent un bien, il devient judicieux de vendre rapidement les logements énergivores ou peu attractifs : la réglementation du DPE accélère les décotes, surtout dans l’ancien. Mieux vaut aussi miser sur les rénovations : une meilleure étiquette énergétique défendra le prix lors des négociations et facilitera la vente.
Côté investisseurs, l’équation se complexifie. Le rendement locatif reste au centre des préoccupations. Il s’agit d’étudier de près le marché local : cibler les secteurs où la demande locative reste forte, même si la fiscalité et la hausse des charges réduisent les marges. L’arrivée de nouveaux dispositifs destinés aux primo-accédants (comme l’élargissement du PTZ ou des mesures locales) modifie aussi la structure de la demande et oriente les stratégies d’achat.
Voici quelques pistes d’action selon le profil :
- Pour les primo-accédants, la fenêtre reste favorable si le financement est sécurisé : taux stabilisés, critères d’octroi stricts, mais possibilités réelles de négociation sur les prix.
- Pour les bailleurs, diversifier géographiquement limite les risques liés à un seul secteur. Les villes moyennes dynamiques offrent encore un bon équilibre entre prix d’achat et rendement.
Mieux vaut rester attentif : suivre de près les politiques publiques, surveiller l’évolution des taux et l’activité du marché. L’agilité, plus que jamais, fait la différence pour naviguer dans cette période charnière de l’immobilier français.


